« Chez nous, la question des archives tourne à la paranoïa » (Hosni Kitouni, historien)

 « Dans tous les pays du monde, les États craignent de mettre à la disposition du public leurs archives, raison pour laquelle, ces choses-là sont bien encadrées juridiquement. Sauf que chez nous, cela tourne à la paranoïa. Les gens croient à tort que les archives contiennent toute la vérité sur le passé », a déclaré l’historien algérien Hosni Kitouni, en réaction à la décision d’Emmanuel Macron d’autoriser aux historiens l’accès aux archives classées secret-défense, dont celles de l’Algérie.

En effet, rappelant « les tracasseries » auxquelles sont exposés les chercheurs en matière d’histoire, Hosni Kitouni a révélé que cette décision de déclassification ne concerne qu’un nombre précis d’archives. « De 2016 à 2020, quelque 8 349 documents seulement ont été déclassifiés par rapport aux milliers d’autres en attente. Cet interdit, qui cache mal son nom, a mobilisé les historiens et les archivistes,  15 000 ont signé une pétition demandant l’annulation de cette circulaire.
Dans ses préconisations, Benjamin Stora propose de revenir dans les plus brefs délais à la pratique consistant en une déclassification des documents secrets déjà archivés antérieurs à 1970. C’est la décision qu’a prise M. Macron », a-t-il souligné dans son entrevue avec Liberté.

Revenant sur la gestion des archives en Algérie depuis l’indépendance, M. Kitouni a précisé que « cela plus des  politiques que de la loi. » « Nous avons une excellente loi sur les archives, mais elle n’est pas appliquée dans le sens où l’accès aux archives relève du fait du prince. Je crois que cela tient plus d’une culture politique des élites post-indépendance et leur culte du secret tenant lieu de règle de conduite en tout. », a-t-il expliqué.

 

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