Le FIS et ses terrorismes racontés par Amer Ouali

Le journaliste et écrivain algérien Amer Ouali vient de publier aux éditions Frantz Fanon un ouvrage intitulé Le Coup d’éclat. De la naissance du FIS aux législatives avortées de 1991, a fait savoir l’éditeur.

Ce livre, enrichi d’une préface frappante du journaliste et chroniqueur Mustapha Hammouche, s’organise autour de plusieurs parties, subdivisées avec une minutieuse chronologie, qui reprend les principales étapes traversées par le Front Islamiques du Salut, depuis sa création jusqu’à l’assassinat du président Boudiaf et le basculement irréversible de l’Algérie dans ce qui allait être appelé la « décennie noire ».

Tenant face à la thèse répandue dans les greniers des islamistes et des « qui-tue-quistes », cet ouvrage très documenté d’Amer Ouali démontre que le FIS n’a pas commencé à attenter à la paix civile et à recourir spectaculairement à la violence après l’arrêt du processus électoral en janvier 1992 mais bien avant. « Malgré l’atrocité et l’ampleur des crimes qui l’ont marquée, la  »décennie noire » a su créer et entretenir un doute tenace sur les motivations réelles de ses initiateurs et acteurs ainsi que sur leur identité et celles de ses vraies victimes », écrit Mustapha Hammouche dans la préface.

En s’appuyant sur des faits, les communiqués du FIS et ses brochures, les écrits de ses deux journaux (El Mounqid et El Forqane) ainsi que sur les déclarations et les prêches de ses dirigeants les plus emblématiques, notamment Ali Belhadj, Abassi Madani, Abdelkader Hachani, Abderrezak Redjam, Mohammed Saïd, Amer Ouali expose des faits irréfutés qui attestent du caractère éminemment violent de ce parti. « Le FIS, déterminé à en découdre, serait prêt à sacrifier des millions d’Algériens. Il les appelle à  »se prendre en charge du verbe au fusil, après les appels vains au dialogue »‘. L’appel n’est pas contenu dans un communiqué du parti mais dans son bulletin clandestin Minbar El Djoumouaa (Tribune du Vendredi) », témoigne-t-il.

Amer Ouali relate ainsi les moindres violences induites par les actions et les discours du FIS, les conjuguant les uns avec les autres, pour aboutir à l’implacable conclusion que le terrorisme islamiste est, plus qu’une dérive politique conjoncturelle, est une conspiration théocratique dont le but est l’anéantissement de l’État algérien et l’instauration du « Règne de Dieu ». « Pour toutes ses raisons et pour d’autres, écrire aujourd’hui sur cette séquence douloureuse de l’histoire contemporaine du pays revêt une importance capitale. En plus du devoir de mémoire qui aide à mieux comprendre notre passé, l’assumer et dépasser, il est moralement et intellectuellement vital de faire face au révisionnisme islamo-conservateur décomplexé qui,  en manipulant la dimension islamique de la société algérienne à son profit, tente de dédouaner le FIS de ses crimes contre les Algériennes et les Algériens et de jeter la responsabilité de la décennie noire sur la seule institution militaire désignée sous le nom « taghout » tyran) », lit-on dans le communiqué de l’éditeur.

Le coup d’éclat. De la naissance du FIS aux législatives avortées de 1991 est un ouvrage destiné à divers publics : jeunes, moins jeunes, militants, acteurs politiques, artistes, intellectuels, paysans, journalistes, cadres supérieurs, militaires. Il sert également de document pour tout chercheur qui pencherait sur l’histoire politique et sociale de l’Algérie contemporaine ainsi que sur l’islamisme.

À la croisée de l’enquête journalistique et du témoignage, cet ouvrage d’Amer Ouali, journaliste de terrain à l’époque des faits qui a couvert la majorité des meetings du FIS et interviewé plusieurs de ses dirigeants, met la lumière sur toutes les zones qui sont restées dans l’ombre durant ces trente dernières années et nous invite à regarder la réalité, notre propre réalité, avec un regard sincère, neutre mais incrédule.

 

 

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