La théorie de l’activité, une voie prometteuse pour l’apprentissage

Diffusée en France vers les années 60, la théorie de l’activité est une méthode interventionniste et interactionniste entre des dimensions inter-reliées : culturelle, sociétale, historique, psychologique…

Cette théorie, issue de l’héritage du psychologue Lev S. Vygotsky basée sur la fonction de la médiation à travers la mise en place des outils physiques comme les manuels, les ordinateurs… ou symboliques comme le langage et la culture. Celle-ci est développée, plus tard, par d’autres chercheurs comme Léontiev et Yrjo Engeström qui mettent le focus sur le rôle de l’activité, la dimension collaborative et historico-culturelle de la tâche requise.

Cette théorie bitriangulaire, socioconstructiviste, ne circonscrit pas l’activité pédagogique au rapport entre enseignant et enseigné, mais elle prend en compte d’autres paramètres comme la prise en compte du contexte sociétal de l’apprenant et l’introduction de nouveaux dispositifs d’enseignement optimisant le travail et donnant un sens fructueux à la pratique enseignante. La tâche à réaliser se répartit entre enseignant et enseigné et entre les membres des groupes eux-mêmes de nature plus subtile.

Fondée sur une perspective interdisciplinaire, elle articule les savoirs et les savoir-faire pour répondre à un but escompté ou résoudre un problème épineux.

Dans la filiation des idées vygotskiennes, l’environnement exerce un impact déterminant sur l’épanouissement de l’esprit de l’apprenant, car il établit un rapport dialectique entre l’entité cognitive de l’individu et la structure sociale.

Un système d’activité adapté de Engeström (2001)

Cette théorie a pour objet d’articuler la tâche individuelle et collaborative, la médiation et l’action. Ces constituants fondent la pratique pédagogico-didactique.

-La tâche individuelle : permet de déterminer les besoins de chaque apprenant et d’y répondre en se référant à la pédagogie différenciée.

-La collaboration : les apprenants doivent travailler en groupe afin d’échanger les savoirs et de s’entraider.

-La médiation : s’appuyer sur des outils pour transmettre les savoirs et les rendre accessibles et faisables.

-L’action : l’action est au cœur des méthodes et des approches didactiques telles que l’approche par les compétences et la perspective actionnelle. C’est par l’action que l’on apprend à mieux faire.

Cette théorie est comme une rénovation de l’action pédagogique où les enseignants sont appelés à sortir du ghetto (classe) et à faire entrer les expériences de la société comme un prolongement de l’expérience scolaire. Cela permet à l’apprenant de renouer le lien entre le dedans et le dehors et de s’initier prématurément à la citoyenneté qui est l’objectif ultime de toute formation.

Youcef BACHA, jeune chercheur en didactique des langues, en linguistique et en littérature française. Attaché au laboratoire de Didactique de la Langue et des Textes, Université de Ali Lounici-Blida 2 (Algérie).

 

One thought on “La théorie de l’activité, une voie prometteuse pour l’apprentissage

  1. Des articles pertinents comme d’habitude mais j’aimerai dans cet article précisément avoir un exemple d’activité pour plus de concrétisation de la théorie.
    Au plaisir de vous lire

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